2100 postes supprimés chez Novartis

26 septembre 2018

Ce que Novartis, le géant de l’industrie pharmaceutique basé à Bâle, présente comme « la transformation à l’échelle mondiale de son réseau de fabrication et de ses activités de services », s’apparente à une réduction conséquente de ses effectifs en Suisse, où la multinationale détient une capacité de production importante. Novartis prévoit en effet de supprimer un total d’environ 2100 postes, en particulier dans ses unités de production helvétiques : 1000 sur le campus Novartis à Bâle, 350 à Schweizerhalle, 700 à Stein, 25 à Locarno et 10 à Rotkreuz.

Les anciens sites démantelés, un site neuf créé à Stein

L’entreprise emploie 13 000 personnes dans ce pays : ce sont donc peu ou prou 16 % des effectifs qui vont disparaître. Un choc. Novartis justifie cette réorganisation de son réseau de fabrication par la volonté de s’adapter « à une diminution de la fabrication de produits de grandes séries, afin de se concentrer davantage sur des médicaments spécialisés et personnalisés innovants. »

Il en découle un recentrage de la stratégie d’investissement, qui se détourne des technologies de production plus traditionnelles. « Nous allons démanteler progressivement les activités de production, et les sites correspondants à Stein et Schweitzerhalle, pour plusieurs produits dont la production par brevet a expiré et qui sont fabriqués sur des plate-formes plus traditionnelles », précise la communication de l’entreprise.

Cette réduction est toutefois contrebalancée par la construction récemment annoncée « d’un site de production de thérapies cellulaires et géniques susceptible de créer 450 emplois à Stein. » Au final, le nombre total de postes serait donc réduit de 1650.

Les activités de service ne sont pas épargnées, elles non plus. Novartis transfère « les activités managériales et transactionnelles aux cinq centres de services existants » dans le monde, à Dublin, Hyderabad, Kuala Lumpur, Mexico et Prague. Cela « conduira à une réduction planifiée des effectifs d’à peu près 700 postes en Suisse, essentiellement sur le campus bâlois, d’ici 2022 [inclus dans les 1650 cités plus haut, NDLR]. »

Novartis emploie bien sûr des frontaliers à Bâle, notamment français, mais selon la communication, il est impossible de connaître dès à présent leur nombre. Cela tant que les consultations du personnel ne seront pas terminées et l’impact potentiel sur les emplois identifié (lire ci-dessous).

Mesures d’accompagnement social

« Le plan social annoncé prévoit un soutien par le placement et la formation continue, afin d’augmenter les chances de trouver un nouvel emploi en interne, notamment dans le cadre de la création de ce site de production à Stein, ou en externe. »

Cette annonce se double d’une batterie de mesures d’accompagnement social, avec notamment la mise en place « d’un centre de recherche d’emploi, des réaffectations internes et externes, un plan social avec des départs à la retraite anticipée. »

L’annonce de ce mardi matin n’est pas une surprise : dès le début du mois de septembre, le président du groupe, Jörg Reinhardt, avait annoncé aux médias suisses « une rationalisation dans la production et les services. »

Après les coupes claires dans les effectifs, le groupe pharmaceutique « s’attend à ce qu’environ 10 % de ses effectifs mondiaux soient maintenus en Suisse, alors que ce marché représente moins de 2 % de ses ventes totales. »

Novartis, dont le siège mondial est à Bâle, emploie quelque 125 000 personnes à ce jour dans le monde. Mais le géant pharmaceutique a amorcé depuis le début de l’année une vaste restructuration : 25 000 postes devraient être supprimés à l’échelle de la planète, aux États-Unis, au Japon ou au Royaume-Uni, où le groupe a également annoncé, ce mardi, la fermeture du site de Grimsby, avec 400 suppressions de poste.

https://www.lalsace.fr/actualite/2018/09/26/2100-postes-supprimes-chez-novartis

 

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