Aller là où sont les talents

28 décembre 2019

Trouver des candidats hyperspécialisés s’avère toujours plus complexe surtout pour les petites firmes. Aeponix, qui fabrique des micro-commutateurs optiques, a trouvé la solution : ouvrir une antenne à Ottawa. Elle s’est ainsi rapprochée d’un important bassin de finissants dans les spécialités de l’optique-photonique.

«  Il y a là une belle pépinière de talents. On cherche des diplômés de la maîtrise et du doctorat, des gens qui ont des compétences uniques dans différents domaines du génie », explique Philippe Babin, président de la PME montréalaise.

Il a trouvé un deuxième avantage à s’installer en Ontario. « Cela a facilité le recrutement international. Les règles de l’immigration ne sont pas les mêmes notamment en ce qui a trait à la connaissance du français. On a beau organiser des cours de francisation, c’était difficile pour nos candidats d’atteindre le niveau requis. »

Aeponix fabrique des applications utilisées par les opérateurs de réseaux de télécommunication et les centres de données. « Nos modules sont 40 fois plus performants que ceux actuellement utilisés », précise M. Babin.

Avec l’arrivée de la technologie 5G, le potentiel de marché est prometteur pour l’entreprise. En 2019, elle a réussi à doubler ou presque ses effectifs, passant de 14 à 25 employés, mais cela ne s’est pas fait sans mal.

« On y a mis beaucoup plus d’efforts qu’avant », explique M. Babin qui prévoit créer une dizaine de postes supplémentaires dans les mois qui viennent. Les difficultés de recrutement freinent toutefois son développement.

Obstacle à la croissance

Aeponix n’est pas la seule de son industrie à subir le casse-tête de la pénurie de main-d’œuvre.

« C’est le principal obstacle à la croissance chez plus du tiers de nos entreprises », explique Marie-Christine Ferland, directrice générale d’Optonique, le pôle d’excellence en optique photonique du Québec.

L’organisme vient de publier un premier portrait sectoriel. Comme causes de la pénurie, les employeurs déplorent l’insuffisance du bassin de candidats qualifiés et, dans une moindre mesure, une inadéquation entre la formation et les compétences requises.

Ils recherchent notamment des diplômés en génie physique, en génie mécanique et en génie électronique. « Tous des profils qui sont aussi convoités par d’autres secteurs comme l’assurance ou les jeux vidéo, qui sont mieux connus », selon Mme Ferland.

L’optique-photonique a de belles possibilités de carrière à offrir de même qu’une rémunération supérieure à bien d’autres secteurs, le salaire moyen s’élevant à 72 813 $ tous postes confondus.

« Notre industrie a le vent dans les voiles, affirme Philippe Babin. Nos technologies sont présentes dans plusieurs domaines. On n’a qu’à penser à l’infonuagique où il y a une explosion des besoins en bande passante, au développement de la voiture autonome, aux télécommunications. »

En 2020, Optonique mettra en œuvre plusieurs projets pour mieux faire connaître les entreprises du secteur. L’organisme travaillera également avec les établissements scolaires pour revoir le cursus scolaire de façon à ce qu’il soit plus facile à adapter en fonction des besoins évolutifs des employeurs.

Chiffres

  • 3 G$ : Contribution de l’industrie de l’optique-photonique au PIB canadien, soit l’équivalent du secteur pharmaceutique
  • 22 000 : Nombre d’emplois en optique-photonique au Québec

Hausse des salaires de 14 % à l’Hôtel Sept-Îles

Les travailleurs de l’Hôtel Sept-Îles profiteront de hausses salariales importantes en 2020, soit 14 % en moyenne, et ce, dès la première année de leur nouvelle convention collective entérinée un peu avant Noël.

Ainsi, le salaire moyen d’une préposée aux chambres oscillera autour de 20 $, faisant un bond de 3 $ à 5 $. L’ensemble des employés de l’établissement profitera d’une hausse.

En offrant des conditions de travail compétitives, l’employeur espère ainsi contrer les effets de la pénurie de main-d’œuvre.

Sur les quatre années du nouveau de contrat de travail, les augmentations salariales s’élèvent à 22 %. Les travailleurs ont aussi fait des gains du côté des avantages sociaux. La participation de l’employeur au fonds de retraite passe de 500 $ à 2500 $ par personne par année. De plus, les primes sont bonifiées ainsi que les indemnités de vacances.

L’Est-du-Québec veut attirer les étudiants 

Les établissements d’enseignement supérieur de l’Est-du-Québec s’allient pour attirer les étudiants dans la région. Ils viennent de lancer une campagne de promotion afin de mieux faire connaître leurs programmes respectifs. L’alliance réunit le Cégep de la Gaspésie et des Îles, le Cégep de Matane, le Collège de Rimouski, le Cégep de Rivière-du-Loup, le Cégep de La Pocatière et l’Université du Québec à Rimouski, qui forme ainsi le Pôle régional de l’Est-du-Québec en enseignement supérieur. L’initiative est soutenue par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Ayant pour thème Explorer. Apprendre. Devenir., la campagne se décline principalement sur le web et les médias sociaux. Elle a pour but de promouvoir les études supérieures en région, de recruter de nouveaux étudiants d’ici et d’ailleurs et de les motiver à s’installer de manière durable dans l’Est-du-Québec.

Les établissements explorent aussi des solutions pour favoriser la continuité des parcours entre les cégeps de l’Est et l’UQAR.

Santé mentale : des investissements qui rapportent

Investir dans les programmes de santé mentale peut avoir des retombées importantes pour les entreprises. S’il est clair qu’ils permettent de créer des milieux de travail plus sains, il restait toutefois plus difficile de calculer les retombées réelles de ces programmes. Une étude de Deloitte vient corriger cette lacune.

Cela lui a permis de calculer un rendement du capital investi (RCI) annuel médian de 1,62 $ pour chaque dollar investi pour les entreprises qui offrent un programme de santé mentale depuis un an.

Source Journal de Montréal

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