COVID-19 : des médecins de famille veulent les mêmes moyens que les hôpitaux

2 mars 2020

Des médecins de famille de Montréal tirent la sonnette d’alarme et demandent à Québec plus de moyens pour faire face au nouveau coronavirus. Les cliniques de médecine familiale de première ligne ne sont pas aussi bien équipées que les hôpitaux désignés pour accueillir les cas de COVID-19, font-ils remarquer dans une lettre adressée aux médias.

Les signataires Marie-Pierre Codsi, Brian White-Guay et Geneviève Dequoy, qui font partie de la clinique de médecine familiale Notre-Dame, réclament au gouvernement et à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) un plan d’action clair et sécuritaire pour les groupes de médecine familiale (GMF) en première ligne.

Dans une lettre d’abord publiée dans La Presse, ces médecins demandent des mesures d’urgence et de prévention semblables à celles déployées dans les hôpitaux avec les équipements nécessaires, allant de l’infrastructure aux masques de protection.

Si ces mesures d’urgence sont en place dans les centres hospitaliers désignés (un seul hôpital pour adultes à Montréal), les cliniques de médecine familiale de première ligne ne sont actuellement pas équipées et préparées pour répondre à ces recommandations.

Extrait de la lettre

Ces médecins ne veulent pas céder à la panique, mais ils disent prendre en compte l’augmentation des cas déclarés de contamination dans le monde. Ils veulent être prêts à répondre rapidement et convenablement advenant une propagation plus importante du coronavirus, mais ils estiment qu’on ne l’est pas suffisamment.

À ce jour, force est de constater que les mesures mises en place pour répondre à l’arrivée du COVID-19 sur le territoire québécois sont, selon nous, loin d’être suffisantes, en particulier concernant la préparation de la médecine de 1re ligne (CLSC, GMF, etc.), peut-on lire.

Meilleure coordination

Pour ces médecins, plusieurs mesures pertinentes pourraient être envisagées pour répondre à cet enjeu important en assurant une meilleure coordination des interventions en première ligne et en milieu hospitalier avec la direction de santé publique.

Ils évoquent entre autres le fait d’équiper adéquatement toutes les équipes de première ligne qui offrent des cliniques de dépannage ou sans rendez-vous, d’établir des cliniques de première ligne spécialisées (à l’instar des cliniques de grippe), de mettre en place des équipes volantes adéquatement équipées pouvant au besoin évaluer et assurer un suivi minimal des patients à domicile, [et de créer] un plan de communication à l’attention du grand public.

Un autre médecin de famille, qui travaille dans un centre hospitalier, relativise pour sa part la sortie de ses confrères en rappelant la nécessité de distinguer le travail dans une infrastructure de première ligne et celui dans un milieu à haut risque.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) a réagi en après-midi, indiquant que de l’information à cet effet est envoyée aux départements régionaux de médecine générale et aux fédérations médicales.

Le MSSS entend leurs préoccupations et renforcera les communications avec les cliniques de première ligne pour s’assurer que celles-ci aient accès rapidement et facilement à l’information sur le coronavirus, ajoute le ministère de la Santé.

Québec a déjà identifié quatre établissements – deux à Montréal et deux à Québec – où seront hospitalisés les éventuels patients qui souffriraient du COVID-19. Ces centres ont été désignés en raison de leur expertise en infectiologie.

À Montréal, il s’agit de l’Hôpital général juif (clientèle adulte) et du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (clientèle pédiatrique). À Québec, c’est le Centre hospitalier universitaire de l’Université Laval (clientèle adulte et pédiatrique) et l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie (clientèle adulte) qui ont été désignés.

À l’Hôpital général juif, on se veut rassurant. Lucie Tremblay, directrice des soins infirmiers, affirme que l’équipe est prête à faire face à l’arrivée de patients ayant contracté le coronavirus. Il y a des masques [de protection], des jaquettes, des gants avec des poignets plus longs et des visières pour pouvoir donner les soins à ces patients, explique-t-elle.

Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l’Hôpital général juif, rappelle de son côté qu’un plan de pandémie a été mis sur pied depuis très longtemps.

Selon lui, le monde est déjà dans une pandémie de façon réaliste. Le reste, c’est de la sémantique de l’OMS.

Source Radio-Canada

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