COVID-19 : un médicament « reconverti » bientôt en essai clinique

14 juin 2021

Un traitement visant à réduire et peut-être même à prévenir le développement d’une inflammation pulmonaire sévère liée à la COVID-19 sera bientôt l’objet d’un essai clinique de phase III, supervisé par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

Le médicament antibactérien oral PULM-001 est sécuritaire et abordable. Ce médicament générique est utilisé depuis des décennies pour traiter le paludisme, le lupus, le VIH et de nombreuses autres infections inflammatoires.

Ses propriétés anti-inflammatoires sont donc établies. Comme le nouveau médicament est une reformulation de ce médicament, mais pour une nouvelle utilisation, il pourrait être disponible beaucoup plus rapidement que d’autres en cours de développement.

Les essais cliniques pour l’utiliser comme traitement contre la COVID-19 ont déjà obtenu l’approbation du Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) des États-Unis et de Santé Canada.

L’étude sera entièrement menée à distance, en commençant par des patients de l’Ontario et du Québec, suivis de six centres aux États-Unis. Des milliers de patients symptomatiques [déclarés positifs] participeront aux essais.

Prévenir les cas graves

L’utilisation de PULM-001 sera testée chez 2100 patients aux premiers stades de la maladie qui n’étaient pas hospitalisés au début de l’étude. Ces participants recevront des comprimés de PULM-001 ou des comprimés de placebo pendant 21 jours. Ils seront ensuite suivis pendant 30 jours après la fin du traitement.

Le médicament sera administré aux adultes symptomatiques en convalescence à domicile afin de réduire l’inflammation pulmonaire, explique l’IR-CUSM dans un communiqué. Ce type d’inflammation provoque généralement des complications dans les poumons qui peuvent entraîner une augmentation des séjours à l’hôpital et en unité de soins intensifs, voire la mort.

Une arme supplémentaire

Cet essai clinique est piloté par le pneumologue Jean Bourbeau, le directeur du Centre de médecine innovatrice de l’IR-CUSM.

Les vaccins sont sans aucun doute importants, mais ils ne constituent pas la réponse définitive à ce problème. Il faudra beaucoup de temps avant que le monde entier soit vacciné, et d’ici là, nous avons besoin d’un traitement efficace contre cette maladie qui cause bien des dommages, affirme le Pr Bourdeau.

Ce médicament est peu coûteux et son innocuité a été prouvée. Nous sommes convaincus qu’il permettra de prévenir les cas graves de COVID-19.

Une citation de :Jean Bourbeau

Outre l’IR-CUSM, la Fondation du Centre universitaire de santé McGill et la jeune entreprise de biotechnologie Pulmonem participent également à la réalisation de ces essais.

Pulmonem a déjà conclu plusieurs accords internationaux de partenariat de fabrication et est prête à produire rapidement et en grande quantité ce nouveau médicament pour le traitement de la COVID-19, affirme le communiqué.

SOURCE: RADIO-CANADA

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