ExCellThera : six millions pour protéger une biotech québécoise

11 février 2020

Le gouvernement du Québec va accorder 6 millions de dollars à la société de biotechnologie ExCellThera pour l’empêcher de tomber entre les griffes d’un fonds américain. La société montréalaise a publié les résultats du premier essai clinique de sa thérapie cellulaire en novembre dernier, et tout indique qu’elle est faisable et sécuritaire.

Le traitement contre le cancer qu’a développé ExCellThera est très attrayant pour les investisseurs étrangers. L’équipe du docteur Guy Sauvageau multiplie les cellules souches prélevées dans du sang de cordon et immunitaires avec sa molécule brevetée UM171 (UM pour Université de Montréal) pour traiter des maladies du sang.

De nouveaux essais cliniques sont en cours à Seattle, aux États-Unis, et à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal. ExCellThera fera par la suite une autre étude internationale, cette fois déterminante, car des résultats positifs lui permettraient de commercialiser le médicament.

Des fonds américains ont fait des propositions difficiles à refuser. Or, ces investissements entraînent un déménagement de siège social, dans ce cas-ci à Boston ou à San Francisco, aux États-Unis. Les actionnaires principaux et la direction d’ExCellThera souhaitent plutôt rester au Québec.

« Le gouvernement du Québec a accordé cette contribution financière pour la réalisation d’études cliniques et le maintien du siège social de l’entreprise au Québec », soutient Mathieu Renaud-Saint-Amand, attaché de presse du ministre de l’Économie et de l’Innovation.

Financer la commercialisation

L’aide provient d’un programme mis en place en 2017 par le gouvernement du Québec, BioMed Propulsion. Administré par Investissement Québec, ce programme de 100 millions de dollars sur cinq ans vise à appuyer les PME de l’industrie des sciences de la vie dans la commercialisation de leurs découvertes. Les 6 millions que recevra ExCellThera sont remboursables. La durée maximale du financement est de 10 ans.

Comme les conditions n’ont pas encore été négociées avec Investissement Québec et que l’entente n’a pas été officiellement signée, ExCellThera a préféré ne pas accorder d’entrevue pour l’instant.

Pour BioQuébec, qui représente une centaine d’entreprises en biotechnologies et sciences de la vie, il s’agit d’un investissement primordial pour s’assurer de garder nos découvertes au Québec.

Ces 6 millions de dollars sont un montant important qu’on n’a pas vu souvent de la part du gouvernement en biotech. Je suis certaine que les gens d’ExcellThera en sont très heureux.

Anie Perrault, directrice de BioQuébec

Anie Perrault rappelle que les essais cliniques en phases 2 et 3 demandent beaucoup d’investissement de la part des entreprises et que le programme du gouvernement vient pallier un manque criant de fonds locaux.

« Ces phases-là sont critiques, dit-elle. Parfois, le montant de l’investissement n’est pas aussi important que le rôle déterminant qu’il joue dans tout le deal financier qui permet de poursuivre à titre d’entreprise québécoise. C’est toujours de bonnes nouvelles quand le tout se complète au Québec. »

De l’aide à huit entreprises

Jusqu’à présent, huit entreprises ont reçu l’aide du programme BioMed Propulsion.

SoundBite : 8 millions pour le lancement commercial de sa technologie de traitement des occlusions totales chroniques d’artères

Alethia Biothérapeutiques : 4 millions pour une étude clinique d’un traitement du cancer métastatique du poumon

AngioChem : 3,94 millions pour étude clinique des traitements contre le cancer du sein

Emovi : 4,8 millions pour la commercialisation d’un traitement de pathologies du genou

Imagia : 3 millions pour un projet d’intelligence artificielle appliquée à l’oncologie

Laurent Pharmaceuticals : 2,7 millions pour une étude clinique d’un traitement de la fibrose kystique

DiaMentis : 2 millions pour la commercialisation d’un outil d’aide au diagnostic de troubles mentaux

Icentia : 1,2 million pour la commercialisation d’un enregistreur d’électrocardiographie portable sans fil

Source La Presse

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