IMMUNE BIOSOLUTIONS : Une course à finir pour sauver des vies

27 avril 2021

Alors que s’accélère la campagne de vaccination pour freiner la propagation du coronavirus, Immune Biosolutions, une biotech de Sherbrooke, presse le pas pour produire un « médicament anti-COVID-19 » complémentaire aux vaccins.

« Depuis mars 2020, nous sommes engagés dans une course. Nous avons le pied sur l’accélérateur », souligne Frédéric Leduc, 41 ans, président de la PME de 30 employés.

Il ajoute : « Nous avons fait en une année ce qui, normalement, nous aurait demandé de trois à cinq années d’efforts concertés. Nous sommes très motivés. »

Il ne cache pas que la motivation a monté d’un cran, à la mi-mars, lorsque la jeune entreprise s’est vu accorder par le gouvernement fédéral une subvention de 13,5 millions de dollars.

« Ça va nous permettre d’accélérer nos travaux pour [au bout du compte] mettre au point un traitement d’immunothérapie contre la COVID-19 », explique-t-il.

Le financement obtenu d’Ottawa servira, entre autres, à la construction d’une « mini-usine » pour produire les médicaments que l’entreprise souhaite commercialiser d’ici au début de 2022.

« À l’heure actuelle, précise Frédéric Leduc – qui fait équipe avec Simon Gaudreau et Jean-François Larivée –, nous sommes au stade des études précliniques. Nous voulons passer aux essais cliniques de phase 2, et [pour ce faire] nous devrons recruter des patients qui accepteront de se porter volontaires. »

D’ABORD LA SÉCURITÉ

Chose certaine, relève le titulaire d’un doctorat en biochimie de l’Université de Sherbrooke, les défis sont nombreux et les enjeux, tout aussi considérables.

« Nous sommes conscients qu’il y a urgence pour arriver à un résultat final, convient-il. Il faut sauver des vies, mais nous devons agir de façon sécuritaire dans tout ce processus. »

Pas étonnant que la biotech créée en 2012 ait procédé à une dizaine d’embauches depuis un an pour augmenter la cadence dans son laboratoire de recherche.

« On peut dire que nous avons désormais un rythme [de travail] pandémique, fait-il valoir. On fait les choses plus rapidement, et mieux. Avant la pandémie, on travaillait en oncologie. On s’est réalignés, on a amélioré nos méthodes et on pense que ce sera bénéfique pour l’avenir de l’entreprise. »

« Nous avons créé un médicament à partir d’anticorps chez une dizaine de patients qui ont eu la COVID-19 et qui étaient rétablis. L’immunothérapie, c’est un outil supplémentaire et complémentaire au vaccin dans la lutte contre la COVID-19. »

— Frédéric Leduc, président d’Immune Biosolutions

Pour faire une analogie, il explique que l’immunothérapie que son équipe de scientifiques a mise au point agira « comme un missile guidé » dans l’organisme des patients atteints de la COVID-19.

« On espère ainsi fournir des armes biologiques pour permettre au système immunitaire de mieux se défendre contre les attaques du virus, explique-t-il de façon imagée. On pense aussi que ça pourra éviter les complications liées à la maladie, et les cas graves pouvant entraîner la mort. »

Il n’en demeure pas moins que les prochains mois seront déterminants, convient Frédéric Leduc, qui ajoute dans la foulée que la biotech sherbrookoise « vise le marché canadien » avec son immunothérapie ayant pour principale fonction d’empêcher la « surinflammation des poumons ».

« Il nous reste à obtenir les approbations de Santé Canada pour entreprendre les essais cliniques auprès de patients [guéris de la COVID-19], rappelle Frédéric Leduc. Nous sommes sur la bonne voie. »

AUTEUR: YVON LAPRADE

SOURCE: LA PRESSE +

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