La pénurie de main-d’oeuvre menace le taux de diplomation

7 février 2019

Pascal Lévesque, professionnel en intervention en persévérance scolaire au CRÉPAS et Michel Gaudreault, enseignant et chercheur à Écobes, confirment que les besoins de main-d’oeuvre menacent le taux de diplomation de la région

7 février 2019 – La pénurie de main-d’œuvre menace le taux de diplomation régional. Le besoin de personnel est tel que les employeurs tentent de recruter des jeunes avant même qu’ils ne complètent leur formation. Certains vont même jusqu’à user de stratégies afin de combler leurs besoins de personnel.

« En novembre dernier, un employeur a téléphoné dans une polyvalente pour demander la liste des décrocheurs potentiels, témoigne Pascal Lévesque, professionnel en intervention en persévérance scolaire au CRÉPAS. Des étudiants qui en sont à leur cinquième session de cégep se font offrir un emploi. Il leur manque une session pour obtenir leur diplôme technique. Ils font quoi après quand ils perdent leur travail ? »

La pénurie de main-d’œuvre et ses impacts préoccupent les intervenants du milieu scolaire. Line Chouinard, directrice adjointe au service des programmes et du développement pédagogique du Cégep de Chicoutimi, Michaël Gaudreault, enseignant et chercheur à ÉCOBES, Louis Legault, psychologue et directeur de l’ÉcolACTion, ainsi que Pascal Lévesque étaient réunis devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi, afin de parler de persévérance scolaire, sujet qui sera à l’honneur, du 11 au 15 février, dans le cadre des journées de la persévérance scolaire.

Les intervenants posent un même constat. La rareté de la main-d’œuvre qui sévit actuellement complique la situation pour les différentes instances scolaires.

« La persévérance scolaire, ce n’est pas un enjeu nouveau, mais le contexte est nouveau. Plus le marché du travail est bon, moins le taux de diplomation est bon. Le marché du travail a beaucoup d’attrait », souligne Line Chouinard.

L’impact de la pénurie de travailleurs se fait sentir partout.
Louis Legault, Line Chouinard, Pascal Lévesque et Michaël Gaudreault étaient réunis, mercredi matin, afin de parler de persévérance scolaire.
Louis Legault, Line Chouinard, Pascal Lévesque et Michaël Gaudreault étaient réunis, mercredi matin, afin de parler de persévérance scolaire.
LE QUOTIDIEN, MARIANE L. ST-GELAIS

« Les entrepreneurs veulent venir rencontrer les jeunes au cégep. Les offres de parrainage sont aussi en croissance. On a plus de demandes d’employeurs que ce qu’on est capables de satisfaire. On sent concrètement, chaque jour, l’impact de la pénurie de main-d’œuvre », assure Line Chouinard.

La conciliation travail/étude est aussi difficile puisque les employeurs ont des besoins grandissants. Des étudiants qui travaillent sont à bout de souffle.

Des jeunes choisissent aussi d’intégrer le marché du travail avant l’obtention de leur diplôme, une situation qui pourrait avoir des conséquences sur leur avenir.

« La conciliation étude/travail est un enjeu particulièrement présent dans une période de pénurie de main-d’œuvre. C’est difficile de faire persévérer nos jeunes. Certains sont presque diplômés et partent travailler. Mais quand ils perdent leur emploi et que vient le temps de se replacer, c’est un problème », confirme Michaël Gaudreault, soulignant qu’il faut valoriser l’éducation comme parents, mais aussi comme communauté.

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