Les scientifiques ont créé une peau à base de gènes humains et porcins pour faciliter les greffes

1 février 2020

Une équipe de chercheurs chinois a récemment créé une peau génétiquement modifiée présentant un risque beaucoup plus faible de rejet dans le cadre de transplantations. Cultivée sur des porcs, celle-ci a été greffée avec succès sur des singes.

Ce type de peau présente un risque de rejet beaucoup plus faible

Alors que la course à la création de porcs dont les organes s’avèrent adaptés à la transplantation chez l’humain s’intensifie, cette nouvelle recherche prépubliée sur le serveur bioRxiv se révèle particulièrement prometteuse. En ajoutant des gènes humains aux porcs, des scientifiques chinois sont en effet parvenus à mettre au point une peau présentant un risque de rejet par le système immunitaire du receveur beaucoup plus faible. Une avancée qui pourrait un jour permettre de résoudre le problème de la pénurie d’organes provenant de donneurs humains.

Pour parvenir à ce résultat, le chercheur Lijin Zou et ses collègues de l’université de Nanchang (Chine) ont ajouté huit gènes humains aux porcs et retiré dans le même temps trois gènes clés de l’animal susceptibles d’entraîner un rejet de l’organe lors de la greffe. Les chercheurs ont ensuite transplanté cette peau génétiquement modifiée sur des singes, et il s’est avéré que la greffe tenait en moyenne 25 jours chez les primates n’ayant pas reçu d’immunosuppresseurs qui, comme leur nom l’indique, permettent de prévenir ou d’inhiber l’activité du système immunitaire afin d’empêcher son rejet.

« Une avancée technique et technologique majeure »

Lijin Zou a déclaré qu’il s’agissait « des meilleurs résultats obtenus dans ce domaine jusqu’à présent », et précisé qu’il s’attendait à « des résultats encore meilleurs chez l’homme ». Son équipe compte désormais mettre en place des essais sur des sujets humains atteints de graves brûlures. La peau de porc génétiquement modifiée sera ici utilisée comme « couverture temporaire », afin de laisser le temps à la peau du patient de se régénérer. À l’heure actuelle, les organes prélevés pour cette opération proviennent quasi exclusivement de donneurs humains décédés.

Grâce aux progrès permis par l’outil d’édition génétique CRISPR-Cas9, l’intérêt pour ce type d’approche animal/humain n’a cessé de s’accroître au cours de la dernière décennie. En décembre dernier, une autre équipe de chercheurs chinois a indiqué avoir créé des porcs possédant neuf gènes humains et dont des dizaines de gènes viraux, connus sous le nom de rétrovirus endogènes porcins (PERVs), avaient été inactivés. Comme l’avaient expliqué les scientifiques, inactiver les PERVs se révélait essentiel afin d’éviter qu’ils n’infectent les cellules humaines après une transplantation et n’entrainent le développement de cancers.

Bien que ces travaux constituent « une avancée technique et technologique majeure » pour David Cooper, chercheur à l’université de l’Alabama et spécialiste de la transplantation d’organes porcins, le plus compliqué va consister à « obtenir l’approbation des autorités » afin de démarrer les premiers essais cliniques.

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