Les techniciens de laboratoire à bout de souffle

8 novembre 2020

Alors que le Québec teste davantage, la situation dans les laboratoires publics est loin d’être rose.

«Si les laboratoires lâchent, tout le monde va lâcher», lance la présidente de l’ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec, Doris Levasseur-Bourbeau.

La pénurie de main-d’œuvre qui était déjà importante avec la pandémie ne s’est pas améliorée.

Les postes vacants se comptent par centaines à travers la province.

«En temps normal, on a une capacité d’analyse de 2500 par jour. On est présentement à 3500 par jour. On laisse donc de côté notre pause, on écourte notre dîner, on fait du temps supplémentaire», explique le représentant national de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Steve St-Onge.

«Les gens sont essoufflés. On va plus vite, on travaille plus rapidement pour fournir la demande», confirme Marie-Christine Gravel, technicienne en laboratoire.

Les techniciens et technologistes de laboratoire n’ont pas le droit à la prime COVID de 8%.

Plusieurs autres facteurs nuisent aussi à la profession. À commencer par la compétition des laboratoires privés qui dépistent la COVID-19 ou qui se lancent dans la course au vaccin et ont besoin de main-d’œuvre.

«Le privé affiche des offres d’emplois beaucoup plus intéressantes au niveau monétaire et avantages, conditions de travail», fait savoir M. St-Onge.

À court terme, certaines solutions sont proposées.

«Il y a certaines tâches qui pourraient être dévolues par un assistant de laboratoire. Mais cette formation-là n’existe pas au Québec en tant que tel», indique Doris Levasseur-Bourbeau.

L’Ordre professionnel propose, comme avec les préposés aux bénéficiaires, une formation accélérée pour répondre aux besoins criants.

Des assistants, comme ça existe ailleurs au Canada, viendraient alléger les tâches des techniciens à bout de souffle.

SOURCE: TVA NOUVELLES

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