Médicament Québec : découvrir de nouvelles molécules avec l’IA

29 juin 2021

Afin que le Québec ne soit plus à la remorque en ce qui concerne la création de nouveaux médicaments, le gouvernement a accordé 13 M$ à l’Université de Montréal sur deux ans, afin qu’elle pilote Médicament Québec, un partenariat entre les réseaux collégial et universitaire ainsi que les acteurs industriels.

Ce consortium permettra, entre autres, un meilleur accès aux technologies et infrastructures en intelligence artificielle (IA) disponibles dans les centres de recherches déjà établis.

En effet, l’IA s’avère être une technique de plus en plus utilisée dans le processus de découverte et de développement des médicaments.

Les algorithmes sont devenus une composante transversale en biopharmacie, selon Therence Bois, cofondateur de Valence Discovery, une entreprise spécialisée dans la chimio-informatique et partenaire de Médicament Québec.

« Lorsqu’un chercheur utilise les plateformes de criblage de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) dans ses travaux de recherche, cela peut représenter des millions de molécules à analyser. Tout cela se fait in silico », explique M. Bois.

« L’IA nous permet de mieux prévoir les effets désirés ou non des molécules, tout en améliorant les cibles thérapeutiques de celles-ci », ajoute, Michel Bouvier, directeur général de l’IRIC.

Son institut, qui se trouve au cœur de l’Université de Montréal, détient la plus grande unité de découverte de médicaments en milieu académique au pays et prendra part à Médicament Québec.

IMPOSSIBLE À APPRÉHENDER POUR L’HUMAIN

Depuis les dernières années, l’IA permet de sauver du temps et de l’argent aux chercheurs en pharmacologie et en génie chimique.

« On fait ce qu’on appelle du « Big Science », c’est-à-dire du traitement de données de masse, afin de pousser les découvertes. On peut avoir à traiter des données chimiques, biologiques, génomiques, etc. C’est une quantité d’information qui est impossible à appréhender pour le cerveau humain. Toutefois, l’IA est capable de dégager de ces données des éléments communs, de gérer la grande quantité d’information », souligne Michel Bouvier, directeur général de l’IRIC.

En effet, selon M. Bois on estime désormais que l‘espace chimique, soit l’espace de propriétés couvert par tous les molécules et composés chimiques possibles, occupe un nombre de 10 à la puissance 64 (NDLR : 10 suivi de 64 zéros).

PARTENAIRES

Médicament Québec se déploiera au cours de trois phases rapides qui se dérouleront cet été et cet automne, d’après M. Bouvier.

L’initiative rassemble les quatre universités québécoises détenant une faculté de médecine, soit l’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke, l’Université Laval, et l’Université McGill, ainsi que l’entreprise Pharmascience et le Fonds de recherche – Santé du Québec.

En soutenant des activités collaboratives et structurantes impliquant des partenaires académiques et industriels, cette initiative vise à positionner la filière du médicament pour accroître l’autonomie du Québec en matière de découverte, de développement et de production d’ingrédients actifs entrant dans la composition des médicaments connus ou novateurs, et ce, afin de générer des impacts positifs sur l’approvisionnement local et la filière du médicament.

AUTEUR: EMMANUEL DELACOUR

SOURCE: CSCIENCE.CA 

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