Pour un Québec plus autonome en matière de médicaments

22 juin 2021

Le printemps dernier, alors que nous entrions à peine dans cette pandémie qui a chamboulé tout notre système de santé, nous apprenions qu’il y avait une pénurie de certains des médicaments essentiels au traitement des malades de la COVID-19. Au moment où les échanges internationaux se compliquaient de façon accélérée, nous avons été obligés de constater que nous étions beaucoup trop dépendants des fournisseurs basés à l’étranger pour des médicaments ou des ingrédients actifs de médicaments.

Immenses défis

Il est clair que la pandémie de COVID-19 a entraîné d’immenses défis pour le système de santé du Québec. Elle a aussi révélé des fragilités plus graves que l’on croyait, notamment la pénurie de certains médicaments cruciaux pour la santé ou même la survie de nombreux Québécois.

Le temps est venu pour nous de viser une meilleure autonomie en matière de découverte et de production de médicaments. C’est justement la mission de Médicament Québec, une initiative du gouvernement du Québec visant à investir dans des partenariats entre les universités et le milieu industriel.

L’expertise scientifique de haut niveau est bien présente dans nos universités qui sont aussi dotées d’équipements spécialisés, parfois uniques au monde. En mettant à profit cette expertise et ces équipements, nous pouvons imaginer des processus innovants qui permettront de produire rapidement des médicaments lorsque des pénuries ou des problèmes d’approvisionnement se présentent.

Nous avons aussi la capacité de découvrir de nouveaux médicaments et de nouvelles thérapies. On trouve, ici même à Montréal, parmi les meilleures équipes au monde en matière de découverte de nouveaux médicaments, notamment contre le cancer à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal (IRIC). Il s’agit maintenant de regrouper, dès l’initiation des projets, l’ensemble des forces vives des milieux académiques et industriels pour s’assurer d’accroître et d’accélérer les retombées concrètes pour la population du Québec.

Enfin, l’expertise montréalaise en intelligence numérique fait l’envie de bien d’autres régions du monde. Elle permettra de propulser les capacités de découverte à des niveaux et à une vitesse qu’on n’imaginait pas jusqu’ici.

Unir nos forces

Mettre toutes ces forces ensemble pour dynamiser la chaîne de découverte et de production du médicament, c’est l’idée derrière Médicament Québec, et c’est le mandat confié à l’Université de Montréal par le gouvernement du Québec. Avec ses partenaires, l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke et l’Université McGill, le CNETE du cégep de Shawinigan et des entreprises du secteur pharmaceutique, comme Pharmascience et Valence Discovery, l’Université de Montréal fera du Québec un des lieux d’excellence les plus dynamiques au monde en matière de découverte et de production de médicaments, vaccins et autres agents thérapeutiques.

Ce projet a le potentiel de changer la donne au Québec en le dotant d’une meilleure autonomie pour la découverte et la production de médicaments. C’est une grande source de fierté. Et surtout, un appui de taille à la santé des Québécoises et des Québécois.

AUTEUR: DANIEL JUTRAS

SOURCE: JOURNAL DE MONTRÉAL

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