Rétrospective IA : une année dans le domaine de la santé marquée par la COVID-19

21 juillet 2021

Sans contredit, la crise sanitaire a laissé sa trace dans le domaine de la santé durant la dernière année et les laboratoires de recherche informatique dédiés au biomédical n’ont pas échappé à la tendance. Dès le moment où l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé en mars 2020 que l’humanité faisait face à une pandémie, des chercheurs en intelligence artificielle (IA) et des scientifiques des données se sont engagés dans la bataille contre le virus.

C’est tout d’abord une start-up torontoise qui va entrer sur l’échiquier du combat contre la COVID-19.

La compagnie BlueDot est en effet la première à tirer la sonnette d’alarme concernant le risque de pandémie, et ce, aussi tôt que le 31 décembre 2019.

Son système de détection rapide de propagation des maladies infectieuses repose sur les méthodes du traitement automatique du langage et d’apprentissage automatique.

Grâce à cette méthode, la start-up entrevoit la possibilité que l’éclosion de pneumonie dans la ville de Wuhan en Chine puisse se répandre en Asie et puis rapidement autour du globe.

BEAUCOUP D’ARGENT INVESTI

Dans ce contexte de pandémie, les gouvernements ont tout de suite attrapé la balle au bond pour encourager l’utilisation de l’IA dans le secteur de la santé.

Que ce soit dans le développement de médicaments et de vaccins, ou encore dans la gestion du personnel et de l’achalandage des salles d’urgence, le fédéral et le provincial délient les cordons de leur bourse et versent des millions de dollars aux centres de recherche et aux compagnies pharmaceutiques.

En mars 2020, on apprenait que le Canada annonçait une enveloppe de subventions de 26,8 M$ sur deux ans pour l’élaboration, la mise à l’essai et l’application de mesures afin de contenir et réduire l’éclosion de la COVID-19.

Quelques jours plus tard, le gouvernement du Québec a ensuite accordé une subvention de 7 M$ à l’entreprise québécoise Medicago, par l’entremise d’Investissement Québec, afin d’accélérer le développement d’un vaccin contre la COVID-19.

Le 22 juin dernier, Medicago a annoncé l’ouverture du tout premier laboratoire canadien destiné à la fabrication de vaccins contre la COVID-19 à Montréal. La production des vaccins est prévue pour le printemps 2022.

Puis en avril, le gouvernement du Canada annonce un investissement de plus d’un milliard de dollars à l’appui du Plan Canadien de Mobilisation des Sciences pour lutter contre la COVID-19.

Le mois suivant, le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie annonce l’octroi d’une contribution de 175,6 millions de dollars à AbCellera Biologics pour le développement de technologies qui favoriseront la découverte d’anticorps combattant la COVID-19 et d’autres virus.

LA SAGA DES APPLICATIONS DE TRAÇAGE

Les éthiciens aussi se sont intéressés aux impacts sociétaux des technologies utilisées dans la lutte contre le COVID-19.

En effet, ces outils et projets soulèvent toutefois de nombreuses questions morales.

Tel est le cas pour les applications de traçage des personnes infectées par le virus et les questions de droits à la vie privée qui y sont reliées.

« À l’OBVIA, nous sommes préoccupés. Ces technologies peuvent être très utiles, mais elles posent des questions par rapport à des enjeux sociaux, éthiques et juridiques », affirmait en avril 2020 Lyse Langlois, directrice scientifique de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique.

Justement, le mois suivant l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila) présente COVI, sa propre application de traçage.

Les attentes sont élevées quant à l’utilisation de la science des données pour encadrer la propagation du virus. On espère ainsi faciliter le déconfinement grâce à cette technologie.

Hélas, pour les chercheurs du Mila, quelques semaines plus tard, en juin 2020, le gouvernement fédéral annonce qu’il préfère ne pas recommander COVI pour une utilisation au Canada.

C’est plutôt l’application Alerte COVID, développée en source libre par la Linux Foundation Public Health et des employés de BlackBerry, qui est choisie par l’État.

Toutefois, un récent article de la Presse Canadienne nous apprenait que ce projet semblait s’être soldé par un échec, car seulement 6,6 millions sur 30 millions d’utilisateurs de téléphone intelligent canadiens ont téléchargé l’application.

SANTÉ MENTALE

Il n’y a pas que la santé physique qui est mise à mal par la COVID-19, puisque la santé mentale du public en prend elle aussi pour son rhume.

Le confinement est particulièrement difficile pour les personnes déjà en situation d’isolement social.

C’est pour cette raison que certaines personnes veulent faire appel à des solutions technologiques pour remédier à la solitude.

En mai 2020, Jeunesse J’écoute dévoile sa nouvelle plateforme J’écoute qui sera lancée en 2021. La RBC Fondation investit 1,3 M$ dans le développement de cet outil conçu à partir de la technologie de Crisis Text Line.

La plateforme multimodale réunira le service par messagerie texte, par clavardage en ligne et par téléphone au sein d’une même solution. Elle s’appuiera sur l’IA et l’apprentissage machine pour trier les usagers en fonction de la gravité de la situation.

Les experts en santé mentale des jeunes soulignent la gravité de l’impact qu’a la pandémie sur le bien-être psychologique des enfants et adolescents.

Effectivement, comparativement à la même période en 2019, le volume d’appels chez l’organisme a augmenté de 112% et les conversations portant précisément sur la pandémie étaient en hausse de 400% depuis le 12 mars 2020 au moment de l’annonce.

En novembre 2020, l’entreprise de technologie médicale montréalaise, Aifred Santé, s’est vue attribuer un financement par Québec pour une solution permettant de lutter contre l’anxiété et la dépression causée par la pandémie actuelle de COVID-19.

La subvention de 242 500 $ vise à déployer l’application médecin-patient développée par l’entreprise dans trois nouveaux groupes de médecine familiale à Montréal dans le but d’aider les médecins de famille et les psychiatres à mieux traiter leurs patients qui souffrent de dépression.

La technologie mise au point par Aifred est censée permettre aux patients de répondre à des questions standards sur la dépression de façon régulière, de sorte à les aider à mieux suivre leur progrès au fil du temps.

AUTEUR: EMMANUEL DELACOUR

SOURCE: CSCIENCE.CA 

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