Un gros investissement pour un fleuron montréalais du diagnostic

20 janvier 2021

La société montréalaise Innodem Neurosciences, fondée en 2016 par essaimage de l’institut neurologique de Montréal (Université McGill), vient d’obtenir la confirmation d’un investissement de 6 millions de dollars américains pour soutenir le développement et la commercialisation de sa technologie brevetée d’analyse des biomarqueurs des maladies neurodégénératives.

Cet outil consiste en une application qui transforme un téléphone intelligent ou une tablette en un appareil qui détecte en quelques minutes les biomarqueurs des mouvements oculaires et ceux de la cartographie du regard dans le but de faciliter le diagnostic des atteintes neurologiques telles que la sclérose en plaques, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et les troubles qui y sont liés, la démence fronto-temporale et les troubles cognitifs liés au cancer par les spécialistes.

Utilisant les données anonymisées des milliers d’utilisateurs de son application précédente, l’entreprise a été en mesure de raffiner ses algorithmes et d’orienter ses recherches vers le développement de la technologie de biomarqueurs des mouvements oculaires et de la cartographie du regard destinée aux sociétés pharmaceutiques afin d’améliorer l’efficacité des essais cliniques, qui permettent de recueillir les données anonymisées des biomarqueurs et de les transmettre à un système de gestion de données conforme aux normes en vigueur, maximisant ainsi sa technologie d’apprentissage profond.

Le Morningside Group, firme de capital de risque et de placements privés qui se décrit comme « engagé à agir et à investir de façon socialement responsable», a décidé d’investir dans ce projet.

« Morningside constitue un groupe d’investissement idéal qui nous aidera à transformer notre nouvelle technologie en une future norme pour le secteur. Cette technologie, hautement accessible, accroîtra la qualité des soins et des retombées pour les patients, à des niveaux jamais observés de convivialité et d’efficience pour le système de santé » – Marc Reeves, cofondateur et chef de la direction commerciale – Innodem Neurosciences

UN TRAVAIL COLLECTIF

« Ce qui est intéressant dans ces applications mobiles d’intelligence artificielle, c’est que plus nous recueillons de données, plus nos algorithmes détectent de façon précise la présence et la progression des différentes maladies neurodégénératives. Nous avons véritablement bénéficié d’un effort collectif et de la collaboration de l’Institut neurologique de Montréal (Neuro) et de l’Université McGill. Les tests numériques sont atraumatiques et se font en quelques minutes dans le confort du foyer des patients. De tels autotests effectués à distance représentent un avantage majeur, d’autant plus en contexte d’épidémie », ajoute le docteur de Villers-Sidani, neurologue spécialiste des troubles cognitifs.

Chez Innodem Neurosciences, son équipe interdisciplinaire est composée de chercheurs en neurosciences, d’ingénieurs logiciels et de gestionnaires d’expérience. La mission de l’entreprise est de proposer des modes d’évaluation à distance simplifiés pour tous les stades des maladies neurodégénératives et des atteintes cognitives liées au cancer afin d’améliorer la qualité des soins et les retombées pour les patients, avec convivialité et efficience.

 

« Les technologies numériques émergentes des biomarqueurs redéfinissent le marché mondial de l’imagerie diagnostique, qui atteint plusieurs milliards de dollars. Notre investissement dans Innodem Neurosciences s’insère parfaitement bien dans notre stratégie globale de portefeuille » – Gerald Chan, président-directeur général – Morningside Group.

 

UN SECTEUR EN PLEINE CROISSANCE

Cette annonce de financement est une excellente nouvelle pour la recherche Montréalaise en santé, qui compte d’autres laboratoires travaillant sur des technologies de diagnostic assisté par l’IA. Par exemple, la jeune pousse Montréalaise Imagia, qui s’est donnée pour mission d’accélérer la détection de certains types de cancers, de développer de nouveaux traitements personnalisés et d’accélérer la recherche clinique et le développement de nouveaux traitements. Également, la compagnie québécoise Diagnos, qui a développé une IA capable de détecter la rétinopathie diabétique. Une complication du diabète qui touche 50% des patients de type 2 et responsable de 5 % des cas de cécité dans le monde… De quoi changer significativement la médecine dans les prochaines années.

SOURCE: CSCIENCE.CA

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