Un nouveau test de dépistage mis au point à Laval

26 juillet 2021

Rapide, précis et… sans écouvillon dans le nez

Une firme québécoise a élaboré une technologie de dépistage qui permet d’éviter l’écouvillon dans le nez.

C’est devenu l’une des images les plus médiatisées de la pandémie : un long écouvillon inséré par la main gantée d’un travailleur de la santé dans la narine d’un patient appréhensif.

Une nouvelle firme de Laval tente de reléguer cette image au passé.

« Nos tests ne nécessitent pas d’insérer un écouvillon dans le nez, explique Jan-Eric Ahlfors, PDG et chef scientifique de Diagnostics Lilium, établie dans la Cité de la Biotech à Laval. Nos clients peuvent le choisir, mais ce n’est pas obligatoire. »

Diagnostics Lilium a mis au point un système de dépistage ultrasensible de la COVID-19 qui ne nécessite qu’un prélèvement par écouvillon au fond de la gorge. La personne qui subit le test peut elle-même le faire sur place, ou alors laisser un employé s’en occuper. Il s’agit de tests RT-PCR, la référence en matière de dépistage, et non pas d’un test dit « rapide ».

L’entreprise transmet les résultats par courriel dans la journée, souvent une ou deux heures après le prélèvement. Les résultats sont accompagnés d’un code QR, ce qui permet de les consulter de n’importe où dans le monde.

Nos tests comptent parmi les plus précis au Canada, et les résultats que l’on envoie aux gens contiennent des données détaillées sur le test, ainsi que leur numéro de passeport. Ce n’est pas comme le courriel envoyé par le gouvernement qui dit simplement que le test est négatif.

Jan-Eric Ahlfors, PDG et chef scientifique de Diagnostics Lilium

Chaque test coûte 99 $, et l’on doit réserver son rendez-vous sur l’internet avant de se présenter. Les gens qui présentent des symptômes de la COVID-19 ne peuvent pas se faire tester chez Diagnostics Lilium ; ils doivent se rendre à l’un des points de dépistage du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Lors du passage de La Presse, mercredi dernier, la majorité des dizaines de personnes qui allaient et venaient dans les locaux de l’entreprise se faisait tester en prévision d’un voyage à l’extérieur du pays.

Théodette Uqandase, qui voyagera bientôt au Mexique via les États-Unis, a dit que le prélèvement dans la gorge « n’était pas agréable », mais qu’il était mieux que le prélèvement par voie nasale qu’elle a subi il y a quelques mois.

« Ça ne prend que quelques secondes », a-t-elle dit.

Saad Elfazziki a lui aussi dit que le test lui avait donné un « haut-le-cœur », mais sans plus. « Je vais au Maroc cette semaine. Je n’ai eu qu’une dose du vaccin, alors ça me prend un test négatif pour pouvoir entrer au Maroc », a-t-il dit.

Dounia Aajali va elle aussi au Maroc, et a besoin d’un test négatif récent pour pouvoir entrer dans le pays. « J’ai été surprise, car l’écouvillon va assez loin dans la gorge, mais ça s’est bien passé », a-t-elle noté.

Dépister pour déconfiner

C’est la précision élevée de la méthode de dépistage mise au point par M. Ahlfors et son équipe qui permet d’effectuer un prélèvement dans la gorge plutôt que par voie nasale, dit-il.

L’entreprise fait actuellement « quelques centaines » de tests par jour, mais ses techniques d’analyse automatisées pourraient être augmentées pour réaliser 100 000 analyses quotidiennes, voire davantage.

Diagnostics Lilium dit être en pourparlers avec Air Canada afin d’étendre son offre de dépistage à plusieurs villes canadiennes à l’automne. Actuellement, les voyageurs peuvent subir un test RT-PCR à l’aéroport Montréal-Trudeau, un service offert aux voyageurs par la firme québécoise Biron au coût de 299 $.

Selon M. Ahlfors, la hausse de la vaccination au Canada et ailleurs dans le monde ne signifie pas que le dépistage de la COVID-19 deviendra moins important avec le temps.

« Israël a un taux de vaccination élevé et avait prévu de mettre fin au dépistage systématique, dit-il. Mais après une semaine sans l’obligation de porter un masque à l’intérieur, les infections sont reparties à la hausse, et ils ont gardé le dépistage. »

Israël a toutefois des taux d’hospitalisation pour la COVID-19 beaucoup plus bas qu’au début de l’année. Environ 120 personnes par semaine y sont hospitalisées, contre un sommet de 2000 par semaine en janvier, alors que l’effort de vaccination était embryonnaire.

M. Ahlfors note qu’à peine 1 % de la population des pays à faible revenu a reçu une dose de vaccin, et qu’on estime actuellement qu’un niveau élevé de vaccination dans les pays en développement ne sera atteint qu’en 2024.

« On a un problème global, alors la solution doit être globale elle aussi. Avec les déplacements en avion, il y a un risque qu’un variant plus contagieux que le variant Delta finisse par se répandre. Je crois que la clé pour mettre fin aux masques et à la distanciation sociale passe par le dépistage systématique », dit-il.

 

AUTEUR: NICOLAS BÉRUBÉ

SOURCE: LA PRESSE

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