Une avancée dans la quête des tests produits au Canada

1 juin 2020

Le déconfinement nécessitera une surveillance serrée d’une résurgence de la COVID-19. L’un des facteurs clés de cette surveillance sera la capacité de tester massivement tout cas suspect. Des chercheurs de l’Université McGill ont mis au point une pièce maîtresse de ce dépistage massif.

« Pour faire du dépistage massif, il va falloir avoir une capacité de production nationale ou un approvisionnement suffisant pour les différentes étapes des tests diagnostiques », explique Martin Schmeing, biochimiste à l’Université McGill, qui a travaillé avec son collègue Don van Meyel. « Notre test n’est pas meilleur que ceux qui existent, mais il a été développé au Québec et pourra être fabriqué au Canada. Dans une deuxième vague, en cas d’urgence, des tests fabriqués ailleurs pourraient être déroutés du Canada. Chaque gouvernement du monde veut faire du dépistage massif. »

Grosso modo, des lacunes dans trois éléments peuvent former un goulot d’étranglement empêchant le dépistage massif nécessaire pour déceler tôt une deuxième vague. Elles peuvent concerner : les écouvillons permettant de recueillir l’échantillon de sécrétions nasopharyngées ; l’extraction du matériel génétique (ARN) viral dans l’échantillon prélevé chez le patient ; la comparaison de l’ARN viral avec celui du SARS-CoV-2 pour voir s’il est présent.

C’est sur cette dernière étape, appelée rétrotranscription par réaction polymérase en chaîne quantitative, ou RT-qPCR, que M. Schmeing a planché. « On a fait 15 000 kits d’agents réactifs pour RT-qPCR pour le CUSM [Centre universitaire de santé McGill], dit M. Schmeing. On est en train de faire l’optimisation et on va les livrer d’ici une dizaine de jours. Ils vont maintenant être retestés pour voir s’ils conviennent bien. Et on a envoyé à Santé Canada des kits d’agents réactifs pour qu’ils soient certifiés. Avec la certification, on pourrait faire 30 millions de kits pour approvisionner tout le Canada. »

Les trousses mises au point par les chercheurs de McGill sont compatibles avec la vingtaine d’appareils de laboratoire permettant de faire la comparaison virale par RT-qPCR. Pour le moment, elles sont fabriquées dans les laboratoires de McGill, mais des négociations sont en cours avec des usines pharmaceutiques canadiennes pour la production à large échelle. Selon M. Schmeing, cette étape pourrait être atteinte d’ici six semaines.

Santé Canada a mis en place des stratégies pour assurer la production ou l’approvisionnement national pour les deux premières étapes, les écouvillons et l’extraction d’ARN. Une entreprise montréalaise, Galenvs, produit notamment des kits d’extraction d’ARN.

M. Schmeing et M. van Meyel, qui est affilié à l’institut de recherche du CUSM, ont mis deux mois à arriver à ces kits d’agents réactifs, ce qui est très rapide en matière de R-D en microbiologie de laboratoire.

Nombre de tests COVID-19 réalisés au Québec, en Ontario et en Alberta

Québec le 26 mai:      14 951

Ontario le 26 mai:     18 525

Alberta le 26 mai:        2 616

Nombre cumulatif de tests COVID-19 réalisés au Québec, en Ontario et en Alberta

Québec au 27 mai:   568 824

Ontario au 27 mai:   680 687

Alberta au 27 mai:    245 949

Sources : ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, gouvernement de l’Ontario, gouvernement de l’Alberta

AUTEUR: MATTHIEU PERREAULT

SOURCE: LAPRESSE+

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