Deux entreprises considérées comme d’excellents employeurs

par Jean-François Cyr | Journaliste

Mediacorp Canada Inc., un important éditeur de périodiques, a dévoilé en avril la liste des gagnants de son concours Les meilleurs employeurs de Montréal. Ceux-ci sont des entreprises qui offrent des milieux de travail exceptionnels. Ce concours annuel est ouvert à tout employeur dont le siège social se trouve dans le Grand Montréal, peu importe que l’entreprise soit grande ou petite, privée ou publique. Les entreprises pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb Canada (BMS) et Sandoz Canada Inc. sont parmi les 35 récipiendaires.

À l’instar du concours national, l’éditeur a analysé un certain nombre d’indicateurs : le lieu de travail physique ; le climat professionnel et social ; les services de santé ; la rémunération et les avantages sociaux ; les vacances et autres congés ; les communications avec les employés ; la gestion du rendement ; la formation ; enfin, le perfectionnement et l’engagement dans la collectivité.

Les employeurs sont comparés aux autres organisations du même domaine afin de déterminer ceux qui offrent les programmes les plus progressistes et avant-gardistes.

«Attirer et retenir les talents »

Dre Nawal Peacock
Présidente-directrice générale
BMS

Michel Robidoux
Président
Bristol-Myers Squibb Canada

De l’avis de la présidente-directrice géné- rale de BMS, Dre Nawal Peacock, ainsi que du président-directeur général de Sandoz Canada, Michel Robidoux, cette nomination a fait naître une grande fierté au sein de tous les travailleurs de leur compagnie respective.

En début d’entrevue, Mme Peacock souligne que le milieu canadien pharmaceutique est très compétitif. « Le défi est autant de retenir les gens que de les attirer. C’est notre obsession quasi quotidienne. C’est pour cette raison qu’un tel prix contribue de manière importante à notre visibilité. Cela génère de la curiosité et un intérêt envers BMS et sa culture. »

Elle se dit ravie que le concours ait spécialement honoré l’implication de BMS auprès des femmes qui désirent avoir un enfant, notamment en ce qui a trait à la fécondation in vitro. « BMS offre à ses employées une gamme de programmes qui les aident à atteindre l’équilibre travail-famille qu’elles désirent. »

Quant à M. Robidoux, il mentionne également que cette place dans le palmarès des meilleurs employeurs « renforce le positionnement de leader » de Sandoz Canada (qui compte près de 800 employés) dans son industrie : « Ça va nous aider à attirer de nouveaux talents, des gens qui ne nous connaissent pas. »

Santé, bonheur et formation

Les préoccupations à l’égard des employés dépassent grandement la nécessité d’offrir un endroit physique agréable et moderne. Certes, les deux entreprises ont des gymnases, des salons, des aires ouvertes, des cafétérias et des bureaux dernier cri. Or, elles vont beaucoup plus loin, car la formation, le bonheur et la santé des employés sont pris très au sérieux.

« Nous offrons à chaque nouvel employé une formation minimale d’une journée et demie afin d’expliquer ce qu’est l’entreprise, raconte M. Robidoux. Nous offrons des formations de gestion, des cours de langue et des cours techniques. […] Nous proposons également diverses formations en ligne, que ce soit au sujet de la fabrication du médicament, de sa commercialisation, des codes d’éthique et de conformité. »

Du côté de BMS, la compagnie déploie des efforts similaires pour ses 320 employés au pays. Elle offre plusieurs formations sur différentes thématiques comme la vie familiale, l’établissement d’un budget, la gestion du temps, le sommeil, la gestion des relations conflictuelles, etc. BMS aide également à rembourser des frais de scolarité ou des cours de langue à tous ses employés, en plus de donner accès à une multitude de cours en ligne ou virtuels. Chaque employé possède aussi un compte de Bien-Être qui leur permet d’utiliser chaque année un montant de 350 $ pour une activité physique ou de l’équipement sportif.

Un programme exhaustif de mentorat local est également offert à la grandeur de l’organisation. Cette année, plus du tiers des employés participent à cette initiative. BMS parraine huit groupes de réseautage axés sur la diversité, dont B-Now pour les femmes, puis CLIMB pour les milléniaux. Ces réseaux, créés et gérés localement par des groupes d’employés, possèdent un budget afin de mettre des initiatives en place soutenant l’innovation et le partage de perspectives diverses.

D’autre part, l’entreprise propose un programme de formation axé sur le travail à l’étranger qui peut s’exécuter à partir de n’importe lequel des pays où BMS possède un bureau. Après la formation d’une durée de trois à six mois, un employé peut proposer sa candidature à des postes particuliers. « Cela apporte énormément au niveau des expériences et des expertises, affirme Mme Peacock. Cela favorise également la découverte de nouvelles cultures et d’autres modes de fonctionnement. »

Quant à Sandoz, l’entreprise offre des possibilités semblables en ce qui concerne le travail à l’étranger ; les occasions de dé- veloppement et d’emplois sont variées dans le réseau de Novartis, qui compte plus de 120 000 employés à travers le monde.

Outre cette gamme de bénéfices, il existe un aspect encore plus important dans la culture de Sandoz Canada, d’après M. Robidoux. C’est ce qu’il appelle l’« indice de santé globale ». Dans les faits, il s’agit d’une banque d’outils que l’entreprise offre à ses employés : « Le tout débute avec un questionnaire en ligne ; chaque employé mesure son indice de santé globale (sa santé physique et mentale, sa vie personnelle et son milieu de travail). Un rapport individuel est ensuite produit avec des suggestions pour l’aider à mettre en place des mesures afin d’obtenir un score optimal pour la personne. »

Le but est de favoriser d’une manière la plus efficace possible la création d’un environnement professionnel sain et adapté aux réalités des individus. « Nous avons également mis en place un comité de plaisir au travail, qui définit ce que Sandoz Canada peut faire pour rendre la vie au travail plus facilitante, renchérit M. Robidoux. Nous distribuons par ailleurs un document sur les saines habitudes de vie au travail. Nous diffusons aussi la Chronique tonique, une publication numérique qui inclut des conseils sur la nutrition, la sécurité financière, la conciliation travail-famille, etc. »

Alors qu’elle semble très développée et encadrée chez Sandoz Canada, la communication prend une forme légèrement différente chez BMS. « Nous avons bien sûr un département de communication, mais j’ai envie de dire que chez nous la communication ne doit pas relever d’un département seulement », indique la chef d’entreprise. BMS mise beaucoup sur ses gestionnaires pour communiquer ses programmes et sa culture aux employés. Ce sont eux qui sont directement imputables d’engager et de développer leur équipe de travail et ils jouent un rôle clé dans l’organisation. »

« Bien sûr, nous avons aussi tout ce qui a trait au réseau social, dont Yammer, précise Mme Peacock. Mais nous favorisons énormément l’informel pour passer nos messages. »

Les avantages sociaux

Les stratégies sont tellement nombreuses pour encadrer et satisfaire les employés dans ces deux entreprises qu’il est presque difficile de définir où s’arrêtent exactement les avantages sociaux. Néanmoins, les deux PDG ont énuméré certains d’entre eux.

« Chez Sandoz, des sondages nous permettent régulièrement de calibrer les salaires, affirme M. Robidoux. Les médicaments sont défrayés pour les employés, surtout s’ils sont fabriqués par Sandoz et Novartis ; la contribution de l’employeur dans le REER de l’employé est bonne. Nous offrons aussi des périodes de vacances et de congés adaptées. »

L’employeur offre aussi des horaires estivaux à l’année, si la nature de l’emploi le permet. C’est-à-dire que les gens peuvent quitter l’entreprise vendredi à 13 h s’ils choisissent de répartir les heures de leur contrat d’emploi sur les autres journées. « Nous mettons aussi l’accent sur le télétravail et les horaires flexibles, dit M. Robidoux. Nous comprenons les enjeux associés à la circulation automobile, à la garderie, à la famille reconstituée, aux activités personnelles, etc. »

Astuce plutôt inusitée qui illustre l’engagement particulier de Sandoz Canada auprès de ses employés : l’entreprise offre un service de valet qui leur permet de faire réparer leur automobile lorsqu’ils sont au travail. « L’employé laisse les clés au bureau et des gens s’occupent de faire réparer votre voiture », indique le chef d’entreprise.

Chez BMS, les mesures mentionnées ci-haut seraient également en place, pour la grande majorité du moins. « En termes d’avantages sociaux, nous essayons d’être compétitifs, avance Mme Peacock. Bien entendu, nous tentons également d’être une entreprise flexible qui propose, comme bien d’autres, le télétravail et l’horaire d’été. » Cela dit, ces avantages dont peuvent bénéficier les employés sont devenus des minimums requis, d’après elle. « Ce qui sort de l’ordinaire est peut-être notre programme CarePath, qui est exclusivement destiné aux employés et à leurs bénéficiaires qui obtiennent un diagnostic de cancer. Ils peuvent obtenir un soutien pour eux-mêmes et leur famille. »

L’investissement dans la collectivité

Chez Sandoz, tout comme chez BMS, l’implication des employés dans la communauté est primordiale. Les deux entreprises souhaitent que leurs employés soient des citoyens consciencieux, responsables et proactifs.

« Nous encourageons l’engagement social, dont le bénévolat, indique Mme Peacock. C’est très ancré au sein de BMS. Par exemple, nous avons des journées d’action communautaire effectuées pendant les heures de travail régulier. Le temps de travail consenti à ces activités s’élevait à 540 heures en 2016. Nos employés sont également très actifs dans le soutien offert aux victimes des aléas de la vie, comme les inondations et les incendies de forêt.

« Nous avons aussi des activités de collecte de fonds. Il peut s’agir, par exemple, d’une course à vélo de 600 kilomètres dans l’est du Canada. Nous soutenons plus de 25 œuvres de charité, à Montréal et ailleurs. Nous avons beaucoup de rendez-vous annuels très populaires afin d’amasser des fonds – comme la période des Fêtes et la rentrée scolaire – pour soutenir des familles en situation précaire. »

Chez Sandoz, on incite aussi les employés à passer au moins une journée (rémunérée) par année dans la communauté, que ce soit pour peinturer une garderie, aider des personnes âgées en hébergement ou en milieu hospitalier. D’autre part, l’entreprise soutient une équipe d’une quarantaine d’employés de Novartis, de Sandoz et d’Alcon qui participent durant l’été à un trajet cycliste Toronto-Montréal, qui a pour but d’amasser des fonds pour la lutte contre le cancer du sein. Dans la même veine, Sandoz Canada organise une campagne annuelle et diverses activités à l’interne afin d’amasser des dons pour Centraide du Grand Montréal.

L’emploi, un défi constant

L’emploi s’avère une priorité fondamentale pour les deux chefs d’entreprise chez Sandoz et BMS.

« Notre priorité est en ce moment de nous positionner comme un employeur adapté au XXIe siècle, affirme Nawal Peacock. […] Nous prenons conscience que nos employés ont des parcours très variés. Nous voulons laisser nos employés exprimer leurs différences.

« Nous entendons beaucoup parler des milléniaux. À certains degrés, ils ont des aspirations différentes des autres employés. En général, ils veulent aller vite. Leur parcours de carrière ne s’articule pas de la même façon que ce qu’on a pu connaître avec les générations précédentes. Ils veulent aussi être plus autonomes et avoir plus de responsabilités. Notre style de gestion doit donc évoluer. »

D’après Mme Peacock, l’emploi dans le domaine vient toujours avec une certaine composante d’inquiétude. « Il évolue avec les nouveaux produits, les innovations et, malheureusement, avec les brevets. »

Cela dit, les signes sont plutôt bons pour attirer au Québec les investissements et faire fleurir tout l’univers. « Je sens un désir affiché des autorités à favoriser le secteur, dit-elle. BMS a une relation historique avec des établissements et des pôles d’expertise, notamment en cancérologie. Si l’entreprise reste au Québec, c’est justement parce qu’elle a des collaborations de qualité. L’expertise québécoise est incroyable ; les laboratoires sont de haute pointe et la synergie de collaboration public-privé est exceptionnelle. »

Quant à Sandoz Canada, l’avenir semble fort prometteur. « Notre entreprise connaît la plus grosse croissance de l’industrie au Canada, allègue Michel Robidoux. […] Le défi de l’emploi est d’abord associé à la grande variété de postes chez nous. Il y a 220 types d’emploi différents pour près de 800 employés. Malgré cette complexité, nous sommes capables d’embaucher relativement rapidement. »

Évidemment, la compétitivité entre les entreprises pharmaceutiques canadiennes incite la direction de Sandoz à demeurer vigilante et proactive à propos de l’embauche. « Notre premier réflexe comme patrons est de chercher à l’interne. Sinon, il est possible de regarder dans la grande famille de Novartis, qui a 1 600 employés au Canada », mentionne Michel Robidoux.

« Naturellement, nous utilisons les autres sources de recherche d’emploi. Je dois dire que nous recevons annuellement une soixantaine de stagiaires universitaires, ce qui nous permet de les observer et de les recruter éventuellement. »

Regard | Octobre 2017